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3 Novembre 2010
La
mort n’est rien
Je suis simplement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi, tu es toi.
Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné.
Parle-moi comme tu l’as toujours fait.
N’emploie pas de ton différent, ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Prie, souris, pense à moi, prie pour moi.
Que mon nom soit toujours prononcé à la maison comme il l’a toujours été.
Sans emphase d’aucune sorte, sans trace d’ombre.
La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié.
Elle est ce qu’elle a toujours été...
(HS Holland)
La tragique disparation du milieu de terrain El Djilali Semmadi de l’US Vénissieux football le 24 octobre est encore dans toutes les mémoires du côté du stade Laurent-Gérin. Les hommages ou marques d’affection se sont multipliées venant de la part de nombreux clubs de la Ligue, du district voire de France, de la part de la municipalité mais aussi d’anonymes. De son côté La Ligue et le District a imposé chose rare, une minute de silence à sa mémoire sur toutes les rencontres se déroulant sous sa juridiction ce dernier week-end. L’US Vénissieux football a d’ailleurs supprimé durant toute la semaine tous les entraînements de toutes les équipes par respect vis-à-vis de sa famille.
On ne reviendra pas sur les circonstances de la disparation d’EL Djilali relatées dans nos colonnes. La gestion de ce choc psychologique n’a pas été facile pour un club jamais confronté à une situation d’urgence de cet ordre.
Entretemps l’effectif au grand complet s’est réuni le mercredi 27 octobre dans la grande salle de l’OMS, histoire d’évoquer la mémoire du joueur disparu et d’évacuer le stress engendré en présence de ses parents, de quelques représentant du club voisin , l'ASM. Quelques joueurs et dirigeants se sont rendus ensuite le jeudi à Saint Etienne pour un ultime hommage. Ils ont ensuite accompagné le corps à l’aéroport pour son rapatriement vers son pays l'ALgérie quelque part dans Le Berbère où désormais El Djilali repose en paix.
C’est donc une équipe meurtrie qui reprend l’entraînement ce mercredi.
Thierry Amate l’entraîneur de l’USV a encore des trémolos dans la voix quand il évoque ce sinistre dimanche après-midi : « Les joueurs étaient abattus. Moi je ne savais plus où j’étais. Nous avons appris le décès d’EL Djilali, après une heure dix d’efforts de la part des sauveteurs juste au moment où les parents d’El Djillali arrivaient au stade. Des efforts vains que nous avons tous suivi au bord du terrain. Nous sommes passés de vains espoirs à cette terrible nouvelle. Après il a fallu gérer le choc et tous les problèmes en découlant. Comment peut-on mourir à 19 ans pour sa passion ?
La suite je l’ai vécue comme dans un rêve. Je devais dans la foulée chercher mon fils qui était en sélection à
Hauteville dans l’Ain, j’ai eu le temps de me repasser en boucle les événements. C’est injuste de perdre la vie pour sa passion.»
Pour Maurice Persch dirigeant de l’USV l’équipe jouera désormais à douze : « Le retour de l’équipe a été assez éprouvant. Ses copains sont encore sous le choc et cherchent à
comprendre pourquoi on peut mourir à 19 ans . La consternation est grande chez les dirigeants. »
Les avis sont unanimes El Djilali était
quelqu’un de très famille et très gentil comme l’affirme son ex-coéquipier Jérémy Benchenbane (ASM) qui a joué avec lui en moins de 18 ans à l’USV et qui fréquentait les mêmes bancs
d’université à l’UFRAPS de Lyon : « Je suis encore sous l’émotion. Des copains me l’ont appris très rapidement. J’étais avec lui encore récemment à l’UFRAPS. On faisait des
projets d’avenir. EL Djilali était à fond dedans. Je reprends mardi prochain, cela va me faire drôle de ne plus le voir à mes côtes. Avec la classe et peut-être l'UFRAPS dans sa globalité,
on va essayer de lui rendre un ultime hommage. » Pour Deniz Yamali qui a joué avec lui en moins de 18 ans pendant deux ans et cette saison encore en réserve, l'avenir dans le
football était tracé pour El Djilali : « C’était un vrai sportif. El Djilali a fait du karaté. Il savait ce que
c'était un effort physique. El Djilali abordait cette saison avec de l’envie de réussir à percer dans un sport qui lui plaisait.
IL était aussi très protecteur pour son petit frère que j'entraînais. Je n’ai pas encore compris qu’il ne sera plus avec nous ce mercredi. »
A Sports Vénissians, le souvenir que nous garderons d’El Djilali, c’est lors d’un match de préparation de cet été. On prenait connaissance des évolutions de l’effectif. Il était venu se présenter et avec la certitude de ses 19 ans nous avait asséné : « Je m’appelle Semmadi ! Retenez bien ce nom. Vous allez en entendre parler en bien! »
Nous ne t'oublierons pas El Djilali Semmadi.
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semmadi sonia 14/02/2011 14:40
del rey jean philippe 03/11/2010 21:44
yanis 03/11/2010 20:55