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Sports Vénissians

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Dopage : Il n'y a pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir

3735700375_973663baf6.jpgEncensé  par les médias comme celui  du renouveau, le Tour  2010 a délivré son verdict et son vainqueur : le pognon.

Christian Prudhomme son directeur y va de son satisfecit.  L’ Union Cycliste Internationale valide. Les investisseurs sont satisfaits   et ceux qui ne veulent rien voir sont contents. 

Pourtant dans ce monde en adéquation avec celui qui nous gouverne, tout n’est pas parfait.  

 

Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

 

Contrairement aux effets d’annonce de France 2 et de ses  commentateurs zélés, si un certain public est toujours présent dans les cols et les banderoles anti-dopage ont pratiquement disparues, les déçus d’un cyclisme de l’hypocrisie ont déserté les bords de la route.

 

Autre fait marquant, la mise sur la touche de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage comme responsable des contrôles est une bonne calotte aux  défenseurs d’une certaine éthique.  

 

La conclusion : Aucun cas cette année, annonce faite presque dans le silence d’où les doutes.

 

Pour abonder dans ce sens j’ai relevé trois infos qui ont un lien  commun que vous devinerez sans difficulté.

 

La première concerne l’enquête fédérale ouverte aux Etats-Unis contre Lance Armstrong . celle-ci progresse à pas de géant, tout comme certaines des accusations qui couvrent une période de 10 ans expirant  au printemps prochain.
4256409591_b4fa6ed314.jpgDevant le grand jury de Los Angeles, plusieurs anciens  coureurs de l’US postal ont témoigné à charge contre le Texan. Parmi eux: Frankie Andreu, Tyler Hamilton et deux autres coureurs qui ne veulent pas que leurs identités soient rendues publiques. Tous ont confirmé les allégations de  Floyd Landis  faites en  mai dernier: "Armstrong participe et soutient un réseau de dopage systématique."

Jeff Novitzky, agent spécial auprès de la Food U. S. Administration and Drug Administration ne lâche plus le morceau .
Novitzky a été le chef inspecteur de l'affaire BALCO :  Le plus grand scandale de dopage mis au jour aux Etats-Unis.  

Justin Gatlin, Marion Jones et Tim Montgomery ont été arrêtés et punis. 
Novitzky a déjà contacté la plupart des anciens employés et collègues du Texan. Certains ont déposé.  Tous
 pourraient aller en prison pour parjure si cela était vérifié.  

Trevor Graham, l'entraîneur de Gatlin, Jones et Montgomery, a été assigné à résidence pour avoir trompé le grand jury. Marion Jones elle-même passé six mois à l'ombre  lorsque la justice a infirmé sa déposition et prouvé qu’elle se dopait
Armstrong continue de clamer son innocence: «Je n'ai rien à dire.
»

Toutefois, il s’est entouré des services de Bryan Daly, un éminent avocat spécialisé dans la criminalité en col blanc et la fraude, alors que l'enquête contre lui continue sa course.

 

Lance serait également confronté à l'emprisonnement s'il était reconnu coupable.

 

Le royaume des tartuffes

 

Le dopage n’existe plus puisqu’aucun cas n’a été détecté sur ce tour de France. Tel pourrait être le satisfecit des Tartuffes qui régissent ce beau sport qu’est le cyclisme. Pourtant si les le-tour-dopage-01.jpgsubstances ont changé, le dopage continue à sévir comme l’affirme début juillet Pierre Carrey :

 

« A comme Aicar. Il faudra s’habituer à ce nom, comme à celui de l’EPO depuis vingt ans. Grâce à ce nouveau produit miracle, les nantis du peloton peuvent améliorer leurs performances tout en se prélassant sur un canapé. «C’est un peu comme si on se lâchait sur la nourriture sans prendre de calories», résume Ronald Evans, le professeur de génétique qui a supervisé une étude sur des souris en Californie. Les rongeurs dopés à l’Aicar ont réussi à courir 44% plus longtemps que leurs congénères.

Les pilules absorbées agissent sur les tissus musculaires, permettent de brûler les graisses et font bondir les capacités d’endurance, la clef d’un effort long comme une étape du Tour de France. Connue depuis plus d’un demi-siècle sous le nom d’acadésine, cette molécule encore interdite dans les traitements médicaux est prohibée par l’Agence mondiale antidopage (AMA), dans la section «dopage génétique». Les premiers détournements remonteraient aux JO de Pékin.

Sans citer son nom en public, l’Agence française (AFLD) suspecte que l’Aicar fut utilisée par quelques concurrents de la Grande Boucle 2009. Depuis le printemps, la rumeur s’enracine dans les milieux bien informés du vélo, du côté de cet eldorado qui s’étend par-delà les Alpes entre Saint-Moritz, la station suisse préférée du docteur Ferrari, et Vienne, la capitale de la valse et des transfusions sanguines. Les grandes oreilles de la région racontent que des spécialistes offrent de l’Aicar dans le silence ouaté des montagnes. Le montant d’une cure s’élèverait à 500 000 euros, soit deux cents fois le salaire mensuel minimum d’un néo-professionnel. Seuls les aristos ont droit à ce produit qui développe les muscles sans effort. Le montant, s’il se vérifiait, va bien au-delà du prix public constaté : 3,63 euros le gramme chez une entreprise basée à Saint-Quentin-en-Yvelines, deux fois moins chez un concurrent du Missouri. Les nombreuses officines chinoises qui s’intéressent au marché cassent les prix. N’importe qui peut se fournir. Dans une vague tentative de prévention, les vendeurs précisent que l’Aicar est un produit destiné à la recherche in vitro, interdit d’usage sur l’homme. Ses applications médicales restent d’ailleurs à préciser, mais elle pourrait traiter l’obésité, le diabète, la leucémie, l’hépatite C…

Le programme à un demi-million d’euros pour les athlètes inclut sans doute aussi le GW501516 (ou GW1516), une substance de la même veine qui augmenterait la performance de 68%, avec cet «inconvénient» majeur qu’il faut continuer à s’entraîner. Les deux produits agissent en synergie. Les «preparatore» qui les administrent garantissent probablement une impunité à leurs clients. Rien ne dit que l’adésine est recherchée dans les contrôles antidopage. L’AMA entretient le doute à dessein. Ronald Evans aurait proposé un test de dépistage courant 2008. Un autre était annoncé pour l’automne dernier. Des scientifiques allemands ont révélé en mars qu’ils avaient établi les seuils à ne pas dépasser dans les urines - car le corps fabrique naturellement de l’Aicar. Le gros du peloton accueille avec effroi cette molécule dernier cri. Comme le dopage généralisé a disparu, le jeu consiste à deviner le nom des coureurs en pointe. Les gabarits sveltes éveillent les soupçons. Il y eut une maigreur à la française et à l’italienne, dans la tradition du «Docteur Mabuse» et de ses diètes de fruits ou de radis noir. Les cyclistes ont fini par ressembler à des mannequins, la fourrure en moins. Les entraîneurs les y incitaient : «Un kilo de moins, ce sont vingt-cinq secondes gagnées dans la montée de l’Alpe-d’Huez.»

Les nouveaux anorexiques inquiètent beaucoup. Y a-t-il un lien entre la consommation d’Aicar et leurs kilos envolés ? Lance Armstrong, qui en a perdu cinq à onze (selon les sources) après son cancer, se serait encore affûté cette saison.»

 

rtr2a0kk.1278090263Question de puissance

 

Pour terminer voici l’analyse faite par Antoine Vayer, professeur d'EPS, ancien entraîneur de l'équipe Festina et expert de l'étude de la performance.

« Aucun cas positif sur le Tour 2010. Donc plus de dopage. On vous aurait menti ? Oui. Tous dopés avec des produits légalisés et/ou des méthodes interdites ? Deux fois oui. A plus ou moins grande échelle, ne serait-ce que pour pouvoir suivre les " meilleurs ".

Qu'importent les victoires françaises quand le premier coureur national finit 19e au général, record historique de médiocrité. Les performances-puissances ponctuelles de nos baroudeurs tricolores obligent d'opposer la prudence à ceux qui voient dans ces succès le triomphe de la lutte antidopage.

Attachons-nous aux performances des vainqueurs et de leurs suiveurs immédiats. Depuis vingt ans, nous mesurons, notamment grâce à la vidéo, et avec une précision qui ne cesse de s'affiner, les performances de puissance musculaire dans certains cols-clés comme le Tourmalet ou Morzine.

Cette approche, qui permet de déceler le dopage de manière indirecte, intéresse le ministère de la santé et des sports, qui envisage d'en faire l'un des piliers du " passeport physiologique " qu'il pourrait mettre en place à l'automne pour les coureurs français.

Rapportées à un " coureur-étalon " de 70 kg, pour comparer les performances, les puissances sont exprimées en watts. Des performances au-dessus de 410 watts signent un dopage " lourd " avéré, c'est-à-dire à base d'EPO ou d'oxygénation du sang par transfusion couplée aux cures de stéroïdes et d'hormones de croissance.

DOPAGE-Tde-F-72.jpgSigne extérieur de richesse

Nous mesurons deux choses. D'abord, la puissance moyenne des vainqueurs du Tour développée sur les quatre ou cinq cols-clés de la Grande Boucle. Appelons ce marqueur le signe extérieur de richesse du tricheur.

Un bond phénoménal apparaît en 1994, année où les coureurs français et bien d'autres ont " accès " à l'EPO (Recormon) dans la foulée de certains leaders d'équipes italiennes, néerlandaises et espagnoles. De 387 watts entre 1989 et 1993, les performances des meilleurs passent à 426 watts en 1994. Une hausse de 10 %.

Ce n'est pas fini. Avec l'EPO Eprex et une foultitude de produits associés, les cures se démocratisent. Des ânes deviennent des chevaux de courses. On passe entre 1995 et 1998 à 444 watts de moyenne pour le vainqueur avec Riis, Ullrich et Pantani.

Le délire est censé s'arrêter après l'affaire Festina. Plusieurs stars du peloton n'osent pas venir en 1999. Armstrong, lui, est là. Ridicule les années auparavant dans les cols - comme en 2010, tiens ? - l'Américain, qui revient de son cancer, est le plus malin. 402 watts suffisent à son bonheur, même s'il est positif à l'EPO a posteriori. Ses six victoires suivantes dépassent la barre des 426 watts.

Armstrong à la retraite, un petit tour à 403 watts en 2006 permet à Pereiro de s'imposer grâce au déclassement de Landis, vainqueur positif à la testostérone. Contador remet les pendules à l'heure de la force inhumaine avec 420 watts en 2007 et 442 en 2009 ! En 2010, l'Espagnol aura affiché une puissance moyenne de 417 watts dans les cols d'Avoriaz, de la Madeleine, de Bonascre, du port de Balès et du Tourmalet où il s'est permis de battre le record de feu Pantani de 2'40''.

Mesurons ensuite le nombre de coureurs dépassant le seuil des 410 watts moyens qui signe un dopage " lourd avéré ". Avant 1993, aucune trace de ces spécimens. Entre 1994 et 1998, entre six et sept bandits en moyenne. En 1999, même pas Armstrong, ce filou. De 2000 à 2009, entre quatre et cinq. Mais les exclusions pour contrôles positifs de coureurs comme Vinokourov, Landis, Ricco, Kohl et consorts en 2006, 2007 et 2008 auraient dû faire grimper les statistiques.

En 2010, cinq coureurs (Contador, Schleck, Sanchez, Menchov, Gesink) ont dépassé les 410 watts de moyenne. Et le duo Rodriguez-Vandenbroeck est tout près avec respectivement 407 et 404 watts.

Nous voulons bien témoigner devant le grand jury californien qui doit bientôt instruire le cas Armstrong. Etudes et publications à l'appui, nous démontrerons sans difficulté que le Texan a triché et que LeMond - contrairement à ce qu'essaie d'insinuer Armstrong - n'a pas fait joujou avec son sang pour remporter ses trois Tours avant 1993. Nous irons également en Espagne, si la justice de ce pays décide à son tour de s'intéresser au nouveau maître du Tour.
»

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