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Actu-Vénissieux / Sports Vénissians

Actu-Vénissieux / Sports Vénissians

Toute l'actualité de la vie sociale, économique, politique, sportive et culturelle de Vénissieux

Les valeurs du sport sont-elles en danger ? Part 3

Comme on voit avec les trois municipalités Bagneux, Bordeaux, Vénissieux  les réponses sont multiples, comme c’est le cas aussi  ci-dessous.

Les objectifs de l'association Sport et Citoyenneté sont que le sport soit « un vecteur de lien social, une activité économique éthique et un service au service du bien-être ». On voit bien dans le détail de chacune de ces vertus à promouvoir qu'ils correspondent précisément à de nombreux problèmes sociaux rencontrés dans l'organisation même des sports.
Par exemple l'accessibilité à tous est précisément la résolution du problème de la ségrégation sociale.

 

3853487169_b8d4c700c3.jpgJacques Defrance Professeur de sociologie en Sciences et techniques des Activités Physiques et sportives (Staps) à l'Université Paris-10 cite l'inégalité des chances d'accès au sport selon la couleur de la peau et l'affectation des Noirs à des postes moins valorisés ou plus risqué dans les sports collectifs.

 

Sur le sport vecteur de modèle pour l'égalité entre les sexes, le monde sportif précisément « se présente souvent comme une poche de résistance protégeant des formes de culture masculine, non seulement s'y concentrent des forces sociales attachées au maintien d'anciennes formes patriarcales de relations entres les sexes, mais s'y présentent des questions originales, liées au fait que la culture sportive permet un engagement corporel direct et l'application d'une violence physique qu'on ne trouve pas ailleurs. »

Sur le sport, moyen d'améliorer la santé, la question du dopage très médiatisée pour le cyclisme par exemple révèle l'existence de toute une problématique où seul le résultat final compte, même si le champion le paie de plusieurs années de sa vie.

Enfin, autre exemple, sur la question du respect de la règle, un philosophe britannique, collaborateur régulier d'émissions sportives sur la chaîne britannique BBC, récemment interviewé par le journal Le Monde déclare que la triche fait partie intégrante du sport professionnel du haut niveau et qu'elle est également très présente dans les petits clubs sportifs.
  

Nous constatons donc que les valeurs du sports sont multiples et diverses

 

Pour certains les dérives sont à combattre dés à présent et suggèrent  que le sport reste toujours un vecteur social positif.

 

Quelque uns pense que le sport en lui-même contient les valeurs machistes et agressives.

 

D’autres estiment  qu'il existe bien plusieurs conceptions du sport qui s'affrontent.
Des  responsables d'associations sportives, peu importe la discipline disciplines se retrouvent dans l’idée  rémanente  de faire  du sport un moyen de "dompter la violence".

 

 

Lieu privilégié d'expérimentation de la dimension collective, du respect des règles et du dépassement de soi, il permet, sous certaines conditions, de mener un travail sur les conduites et les valeurs. ainsi devient-il facteur de socialisation et de régulation des comportements.

 

cress.jpgCertains organismes dont le CRES  - Centre  de Recherche et d’Education par le Sport à Vénissieux , une association de loi 1901 à but non lucratif, créé en 1998 par une psychologue et un éducateur sportif s’insère dans cette thématique.

L’objectif de l’association vénissiane est de développer, d’une part, la recherche et la formation de terrain concernant la coopération, la résolution de problèmes qui permettent la socialisation; d’autre part, d’assurer un complément de formation des personnes intervenant dans l’encadrement des enfants et des adolescents (animateurs, éducateurs etc...) afin de favoriser la constitution des règles de socialisation.

 

Pour le site «  le conflit.com » si le sport n'existe pratiquement qu'en situation de compétition, de nombreuses activités physiques et sportives permettent de progresser dans la recherche de la maîtrise de soi et du bien-être.

Certains arts martiaux tels que l'aïkido, la capoeira brésilienne ou d'autres encore, constituent de véritables mises en scène de la confrontation, des médiations de la rencontre. Ces rituels permettent de faire émerger sa propre violence, pour la représenter et finalement la dompter. En organisant l'affrontement, le sport s'apparente au conflit. Comme lui, il provoque chez les pratiquants et les spectateurs des sensations, éveille des émotions et déclenche des comportements. C'est précisément pourquoi le sport peut se révéler un excellent outil d'éducation à la relation et à la gestion des conflits.

 

SOT71242Pour Bachir Salmi gymnaste de haut niveau,  bénévole engagé, ex vice-président du CMO Vénissieux  gymnastique des luttes sont à mener par et pour les bénévoles



«Il faudrait se poser la question de ce que serait l’activité éducative en matière de sports sans ses personnes. Ce qui me préoccupe, au delà de la symbolique - Napoléon a été quelqu’un de très intelligent, c’est lui qui a inventé la remise des médailles - au-delà de cela  les bénévoles attendent autre chose que des remises de récompenses au regard de leurs responsabilités et des actions qu'ils portent sur l’ensemble du milieu sportif.
Parce qu’aujourd’hui, il y a une évolution socioculturelle qui font qu'ils sont en responsabilité première dans la gestion de personnes dont ils ont la charge  comme au niveau des équipes d’encadrement et  le statut de ces personnes n'a pas encore évolué.
Sur un plan politique il y a des actions à mener et à un autre niveau sur la respectabilité qu’on doit donner aux bénévoles, il serait grand temps que le gouvernement de cet Etat prenne en compte que si demain, le milieu associatif ne réalise pas ce qu’il entreprend, il devrait se poser la question sur ce que deviendrait les différents publics concernés et de manière plus forte, il devrait se poser la question de savoir , sans l’apport du bénévolat, est-ce qu’on capable de maintenir une unité nationale.
Ce sont des questions essentielles pour moi.
Après il faut être très clair, il faut combiner la pratique sportive sur le territoire national, mais il y a des répartitions de financement qui sont à revoir entre la pratique sportive de haut-niveau et les petits clubs associatifs. Pour moi, je trouve scandaleux qu’il y ait des millions d’euros qui soient consacrés à financer des professionnels du sport, avec des salaires de 450 000 euros par mois et des bénévoles qui sont obligés de vendre des brioches, de se débrouiller , de se dépatouiller pour faire vivre leurs associations. Il est grand temps que les hommes de terrain, que les hommes
bénévoles viennent sur le terrain des idées mais aussi sur celui de la contestation parce qu’on ne pourra pas continuer très longtemps à ce rythme là. »

 

 

En conclusion voici les propos de Jean-Marie Brohm  -sociologue, anthropologue et philosophe français. Professeur de sociologie à l'Université Montpellier III, il a été le fondateur et l'animateur du groupe Quel Corps ? – qui repond à la question du site : Les Dossiers du Net :

 
Il semble qu'il y ait eu évolution dialectique entre la critique du sport et le développement de l'institution sportive, une certaine osmose en somme ; qu'en penses-tu ?


4414983274_ef224cf055.jpgJean-Marie Brohm
 : « En effet, au début, après mai 68, nous posions trois hypothèses de base :

* l'institution sportive est un procédé de production centré autour du principe de rendement, une production pour la production de la performance physique ;

** l’institution sportive est un appareil idéologique d'État, totalement intégré à l'appareil d’État et le sport devient donc lui-même une politique d’État (on le voit bien aujourd'hui avec la gauche au pouvoir) ;

*** le sport en tant que processus marchand, échange de marchandises déterminé intégralement par le mode de production capitaliste - à l'Est comme à l'Ouest -, subit tous les aléas du marché capitaliste et donc de l'idéologie mercantile avec la publicité, la consommation forcée, etc.

Ces hypothèses nous ont permis de prévoir ou d'anticiper l'évolution réelle du sport. En disant par exemple que les conséquences du principe de rendement étaient le doping, alias la préparation biologique poussée, c'est-à-dire une manière de gonfler la machine humaine, de la faire carburer à fond. Et le dopage va en s'accentuant parce que le niveau des performances est tel qu'il faut un entraînement de plus en plus poussé, une sélection /détection de plus en plus précoce, et donc une quantité de travail et de souffrance de plus en plus importante, d'où les drogues douces ou dures absorbées pendant l'entraînement. D'autre part, à propos de l'amateurisme, nous disions que l'argent n'est pas une puissance satanique qui viendrait " pervertir " le sport, mais simplement la conséquence d’échanges marchands. Vouloir lutter contre l’intrusion de l'argent dans le sport est aussi absurde que de vouloir prêcher la charité au capital. C'est le sport lui-même qui est devenu une instance particulière du capital à l’échelle mondiale. Les multinationales ont complètement métabolisé l'institution sportive et en ont fait un simple secteur d’accumulation du capital et une stratégie d'expansion et de conquête de nouveaux marchés. De ce point de vue le CIO a reconnu avec bon sens à son congrès de Baden-Baden en septembre 81 que la règle de l'amateurisme était dépassée.

Aujourd'hui tous les athlètes de haut niveau sont des professionnels ou des salariés d’un type nouveau, c’est à dire des "fractions du capital humain " investi dans les écuries de que sont les clubs dont l'objectif est de produire des spectacles sportifs sponsorisés par telle ou telle firme capitaliste.
4414025171_b112033046.jpgLa rentabilité capitaliste implique donc la spectacularisation du sport et tous les sports qui ne sont pas spectaculaires à la télévision sont à terme condamnés à régresser et même à disparaître : natation, aviron, athlétisme, etc.

Par contre tous les sports qui plaisent à la télévision vont connaître un grand succès dans le cadre du développement de ce que j'appelle le " complexe audiovisuel sportif d'État ", c'est-à-dire un trust combinant les sponsors capitalistes, les firmes multinationales, l’institution sportive, la télévision et l’État. Enfin, nous annoncions que le niveau de l'affrontement était tel que la violence, loin d'être une excroissance parasitaire, comme la présentent toujours les idéologues du sport, était au contraire la règle du sport. C'est ce qui explique la prolifération des associations de lutte contre la violence dans le sport ! Or, la vraie violence sportive c’est le classement, la comparaison physique qui montre que les femmes sont "inférieures " aux hommes sur le plan des performances mesurées, que les vieillards n'ont plus leur place sur les stades, etc. La violence c’est la hiérarchie physique sur la base des performances. La violence fondamentale du sport c'est de n'admettre les compétiteurs qu’entre disons 15 et 25 ans (avec des variations). Bref, c’est la sélection d'une élite physique, idée que je qualifierai carrément de fasciste. »



  

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del rey jean philippe 12/04/2010 17:41


merci pour ce reportage, cela prouve qu il y a encore du boulot à faire encore pour nous les bénévoles...