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Actu-Vénissieux / Sports Vénissians

Actu-Vénissieux / Sports Vénissians

Toute l'actualité de la vie sociale, économique, politique, sportive et culturelle de Vénissieux

Le dossier de l’été : La mort subite du sportif

foe.jpgLe samedi 30 mai 2009, nous étions présents au gymnase Jacques Anquetil pour couvrir le tournoi des 4 moteurs de handball  avec des sélections régionales françaises, allemande et avec la présence de l’équipe de France moins de 18 ans.

Il s’appelait Maxime Candau et fut victime ce jour de ce que le corps médical appelle « la mort subite ». Celle qui  frappe un sportif en plein effort.

Lors de la  saison 2008/2009, 1500 sportifs comme Maxime ont trouvé la mort dans le cadre d’une manifestation sportive.
Son père Pascal Candau qui a fondé l’association 14 (
http://www.numero-14.org/) - association dont l’objectif est mobiliser  sur le sujet  mais aussi  réunir ,  identifier , décider, informer, agir et sauver des vies explique sur le site de l’association les causes de cette mort subite.

 

Qu'est-ce la mort subite ?

Dans 90 % des cas, la mort subite est d’origine cardiovasculaire. La mort est due à une arythmie qui complique une pathologie cardiaque ignorée.
Cette pathologie n’est pas provoquée par la pratique sportive, celle-ci la révèle.

Dans les 10 autres % il s’agit d’embolie pulmonaire, d’accident vasculaire cérébral, d’hyperthermie, de crises d’épilepsie ou d‘asthme et dans quelques cas la cause n’est pas retrouvée. En fait, les cause varient avec l’âge de la victime

 

puertaLa mort subite lors du sport est le plus souvent due à une maladie génétique.
La plus fréquente est la cardiomyopathie hypertrophique qui est caractérisée par une hypertrophie des parois du cœur avec une désorganisation du muscle cardiaque.
La maladie arythmogène du ventricule droit est caractérisée par une infiltration graisseuse du muscle cardiaque. La maladie de Marfan touche les vaisseaux.
D’autres maladies génétiquescomme les canalopathies sont plus rares.
Il s’agit du syndrome de QT long qui préqentent 4 phénotypes principaux, le syndrome du QT court, le syndrome de Brugada et la tachycardie ventriculaire polymorphe catécholergique.

Des malformations congénitales comme le syndrome de Wolf Parkinson-White qui peut se compliquer d’arythmie ou l’anomalie de naissance ou de trajet des artères coronaires (qui irriguent le cœur) avec risque de compression des artères à l’effort et insuffisance de perfusion du cœur et arythmies peuvent aussi être en causes.

Enfin dans certains cas, aucune étiologie connue n’est retrouvée, ce qui confirme que les connaissances dans ce domaine doivent être améliorées. Ainsi des anomalies non spécifiques du segment ST sur l’électrocardiogramme peuvent aussi favoriser la survenue de morts subites sans que le mécanisme exact en soit encore connu.

 

La prise de conscience


3575651782_12d439469a.jpgSi elle fut  tardive, la réaction fut prompte. Une réaction qui s'explique par la médiatisation de quelques accidents spectaculaires au plus haut niveau. Certains sont m o r t s comme M a r c - Vi v i e n Foé, Antonio Puerta..., d'autres ont eu plus de chances David Sommeil, Marco Randriana.

D'autres encore auront été alertés à temps, comme Lilian Thuram ou Steve Savidan.

De l’attitude fataliste face aux cas de mort subite, on est passé à l’action  grâce à l'implication du corps médical.
Les autorités sportives ont compris qu'il était possible d'agir.

"Nous avons la volonté politique de prendre sérieusement en considération, une bonne fois pour toute, le fait qu'un joueur peut mourir sur un terrain de football, mais qu'il peut aussi être sauvé".
explique  Fernand Duchaussoy, président de la Ligue de Football Amateur.

 

En France, l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) relève pas moins de 40 000 cas de morts subites par an, dont 1500 dans le cadre d'une activité sportive.

Les cas les plus fréquents sont constatés en cyclisme puis en course à pied. Le football arrive en troisième position.


Les réaction des spécialistes

 

Épidémiologiste et rythmologue à l'hôpital Georges Pompidou (Paris), Xavier Jouven pilote une étude de l'INSERM sur les cas de mort subite chez les sportifs.

Il répond à  Julien Gourbeyre du magazine Vestiaires

 

Est-il possible de succomber plusieurs heures après une activité sportive  et d’établir un lien entre le décès et le match de football par exemple ?

Oui, mais cela reste rare. D'une m a n i è r e générale, on parle de mort subite quand le décès a lieu dans l'heuresuivant les premiers symptômes. C'est une mort trop rapide et bien souventinexpliquée, qui est à différencier de la mort "naturelle"d'une personne âgée victime d’un arrêt cardiaque. Le chiffre de 40000 ne concerne que les mortssubites.

Une mort subite est-elle forcément liée au départ à une anomalie cardiaque ?

Pas toujours, et c'est ce qui peut-être inquiétant. On touche ici à la capacité de la médecine moderne à détecter les maladies cardiaques à partir du moment où elles ne sont pas "évidentes" à l'examen clinique.

Là, même lors d'une échographie cardiaque, on peut se t r o m p e r.
L’anomalie se détecte parfois au millimètre près.

 

Une anomalie cardiaque pouvant entraîner une mort subite peut-elle être détectée au cours d’une simple visite médicale, comme en passent des centaines de milliers de licenciés chaque année ?
Oui, si le problème est vraiment évident. Il est possible alors de le détecter au stéthoscope. Mais la plupart du temps, l'anomalie cardiaque est d'abord indétectable, invisible, puis elle évolue... Les statistiques démontrent que dans un cas sur deux, la victime ne s'était jamais plaint de rien.

Mais une fois l'autopsie pratiquée, le problème est enfin mis à jour... Là non plus, ce n'est pas toujours le cas. Il arrive qu'on ne détecte rien d'anormal, même après avoir pratiqué l'autopsie. L'accident est survenu sur un coeur sain.

 

4826367992_161332242c.jpgAutre point vue celui de  Christophe Guégan, médecin au centre de médecine du sport de Brest. Recueilli par Renaud PELARD (Ouest-France).

Comment déceler ces anomalies cardiaques ?

Par un dépistage, lors de la visite médicale préalable à l'obtention d'une licence. L'interrogatoire doit être conduit selon les normes de la Société française de médecine du sport. Puis poursuivi par un examen clinique et un électrocardiogramme. En procédant ainsi, on réduit le risque de 90 %. Je mets l'accent sur cette visite qui, il faut l'avouer, est plus ou moins bien faite.

 

Récemment, des sportifs de haut niveau, ont dû stopper leur carrière. Pourtant, ils sont suivis régulièrement…

Dans toutes les filières d'accès au haut niveau, le sportif bénéficie d'un suivi médical complet deux fois par an, avec notamment une épreuve d'effort cardiaque et une échographie cardiaque. Mais certaines anomalies peuvent s'aggraver au fil du temps, notamment celle liée à la taille du muscle cardiaque. À partir d'un certain seuil, le risque est réel, alors qu'il ne l'était pas auparavant.

 

Quels sont les bons gestes à avoir ?

Les gestes de premiers secours. On estime que sept arrêts cardiaques sur dix se déroulent devant témoins, et que l'on multiplie par quatre à cinq le taux de survie si la prise en charge est rapide. Or, actuellement, le taux de survie n'est que de 2 à 4 %. Si les gens étaient formés… Pourtant, on peut apprendre les gestes qui sauvent en 1 heure. Fédérations et associations sportives doivent se saisir de ce problème.

 

Et le défibrillateur ?
 

Après la politique de dépistage et la formation aux premiers secours, c'est le troisième volet pour lutter contre la mort subite du sportif. Certaines communes équipent leurs enceintes sportives, mais pas toutes. Avec l'aide des pompiers, de la Croix-Rouge ou de la Protection civile, c'est pourtant une politique simple à mettre en oeuvre.

 

Alors que doit faire un jeune sportif , voici les dix recommandations édictées par le Club des Cardiologues du Sport pour agir en prévention des accidents cardiaques.


Les 10 règles d'or

 

1. Je signale à mon médecin toute douleur dans la poitrine ou essoufflement anormal survenant à l'effort*.

 

2. Je signale à mon médecin toute palpitation cardiaque survenant à l'effort ou juste après l'effort*.

 

3. Je signale à mon médecin tout malaise survenant à l'effort ou juste après l'effort*.

 

4. Je respecte toujours un échauffement et une récupération d'au moins 10 minutes lors de mes activités sportives.

 

5. Je bois 3 à 4 gorgées d'eau toutes les 30 minutes d'exercice à l'entraînement comme en compétition.

 

6. J'évite les activités intenses par des températures extérieures inférieures à 5°C ou supérieures à 30°C, et lors des pics de pollution.

 

7. Je ne fume jamais 1 heure avant et 2 heures après une pratique sportive.

 

8. Je ne consomme jamais de substance dopante, et j'évite l'automédication en général.

 

9. Je ne fais pas de sport intense si j'ai de la fièvre, ni dans les 8 jours qui suivent un épisode grippal (fièvre + courbatures).

 

10. Je pratique un bilan médical avant de reprendre une activité sportive intense si j'ai plus de 35 ans pour les hommes, et 45 ans pour les femmes.

* Quels que soient mon âge, mes niveaux d'entraînement et de performance, ou les résultats d'un précédent bilan cardiologique.

 

3912795340_f4825268f1.jpgLes débrifillateurs
Ce dernier demeure le troisième maillon de la chaîne de survie derrière l'appel des secours et le massage cardiaque.
"Cet appareil est à l'arrêt cardiaque ce que l'extincteur est au feu",  souligne le Club des Cardiologues du sport.
"Il permet d'attendre le SMUR comme l'extincteur permet d'attendre les pompiers".

 

Rendu obligatoire sur les terrains de L1 et L2, et libre d'utilisation en France depuis un décret du 4 mai 2007, le défibrillateur n’équipe à ce jour qu’une  infime partie des associations sportives

Pourtant , son efficacité n'est plus à prouver. Là encore, ce sont les chiffres qui parlent : son utilisation, après un massage cardiaque, dans les 5 minutes octroie 20% de chances de survie contre seulement 8 % a u  b o u t  d e 12minutes, laps de temps correspondant grosso modo à l'arrivée des secours (voir tableau d'efficacité de la chaîne de survie).

 

C'est bien, mais pas suffisant. D'autant que de l'eau aura coulé sous les ponts avant que chaque club possède son appareil, dont le coût est de 1000 à 1500 euros.

À court terme, d'autres pistes doivent être explorées en priorité .

Patrick Leiritz médecin et membre duconseil d'administration de la LFA. nous en donne une : "Pour moi, la meilleure des préventions reste la visite médicale de signature de licence.
A condition de se renseigner sur les antécédents familiaux pour détecter les sujets à risque et effectuer le cas échéant un examen approfondi.
La plupart des anomalies cardiaques, qui évoluent ensuite avec la pratique d'une activité sportive intensive,sont héréditaires".

 

En Italie par exemple, un électrocardiogramme est effectué systématiquement sur chaque futur licencié, ce qui n'est pas le cas en France. Et les cas de morts subites de l'autre côté des Alpes sont très inférieurs à notre pays….

 

Pour en savoir plus :

 

www.clubcardiosport.com

www.fedecardio.com

www.inserm.fr

 

 

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