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Actu-Vénissieux / Sports Vénissians

Actu-Vénissieux / Sports Vénissians

Toute l'actualité de la vie sociale, économique, politique, sportive et culturelle de Vénissieux

Ne m’appelez-pas Gérard Philipe

La  culture a été fortement impacté par cette crise sanitaire.  Comment  survivra-t-elle à la crise économique qui risque de la frapper de plein fouet ?
Au delà des belles paroles et de grandes promesses, il faut savoir que la part de la culture dans le budget de l’État ne représente  que 0, 97% du budget national; Une paille dans une France qui a été pendant longtemps le fer de lance de la culture mondiale. De nombreux auteurs, philosophes de tous pays la considérait comme un phare de la pensée.  Mais comme dit la publicité, cela c’était avant. Le mercantilisme a mangé la part de la création.


Ce chiffre  de 0, 97% m’a rappelé les propos que m’avait tenu Gérard Martin en juin 2013. Le  directeur du cinéma Gérard Philipe expliquait l’importance du cinéma pour la population et sa manière de résister à l’appétence de grands groupes cinématographiques.

Directeur du cinéma Gérard Philipe depuis 1988, Gérard Martin réalise depuis l’un de ses rêves. Celui qui est aussi président du groupement régional d’actions cinématographiques depuis 10 ans, est né en 1957 à Lyon 7e. Après un baccalauréat de physique chimie au Lycée La Martinière et des études de sociologie, histoire de l’art et psychologie, il avait été embauché en 1981 dans le service enfance de la ville de Vénissieux pour développer le réseau des maisons de l’enfance. Gérard Martin et c’est peu à le dire, adore le cinéma et surtout les séances proposées au cinéma Gérard Philipe de Vénissieux.
Son amitié avec Bernard Prédignac son ancien directeur décidera de son avenir professionnel. Au départ à la retraite de ce dernier il en devient directeur plus par passion ou envie que par connaissance. Un bref rappel, en 1945, le cinéma en France c’était 450 millions de spectateurs par an. Dans les années 1970, on ouvrait un cinéma comme on ouvrait une boulangerie. Il y avait trois salles à Vénissieux. Comme tout le monde le sait, la télévision a tout bousculé et peu de salles ont survécu.
En 1988, après une chute vertigineuse, il n’y avait plus que 130 millions de spectateurs à fréquenter les salles obscures.
En 1978, la municipalité vénissiane décide de lutter contre cette désertification en équipant les Minguettes de cet équipement. Ce n’était pas un cinéma commercial. Il n’intéressait pas les grandes chaînes de distribution. Le CNP s’était cassé les dents avec une distribution à l’identique de celle de Lyon. C’est dans ce contexte que Gérard prend ses fonctions. Bref une entrée en matière pas de tout repos n’est-ce pas ? « J’ai tout découvert et appris sur le terrain. Je suis un autodidacte. Petit à petit je suis rentré dans l’organisation professionnelle des salles de cinéma qui évolue sans cesse. J’ai suivi cette évolution en professionnalisant et raffermissant les problématiques de fonctionnement » explique Gérard.
À sa prise de fonctions, le cinéma était au plus mal pour deux raisons : La fréquentation nationale était en dégringolade, et il y avait eu les événements aux Minguettes en 1981.
Les gens avaient peur de se rendre dans le quartier. Dans un premier temps, Gérard Martin entreprend de donner envie aux gens de revenir en parfaite sécurité. Pendant les années qui ont suivi, son action a été de donner à ce lieu une image de cinéma. « Le moderniser puisque c’était impératif : modernisation technique, de l’image, de la communication de la ligne de programmation. En 2009, le cinéma a ouvert en multisalles et la fréquentation s’est envolée pour atteindre plus de 100 000 spectateurs en 2012 avec une véritable culture politique du 7e art. Dans notre cinéma, on retrouve bien sûr des blockbusters, familiaux, mais aussi des films culturels »
C’est au sein du GRAC, un réseau politique qui réunit 70 salles de la grande périphérie lyonnaise où il réalise les projets de développement de la structure.
« Rien à voir, les multiplex dont l’objectif principal est de faire de l’argent. Je vais me faire des ennemis mais leur but essentiel est de vendre de la confiserie. Dans ces grands groupes, le cinéma reste un produit d’appel. Quand on vend des confiseries, c’est 95 % de recettes. L’enjeu est de résister car le multiplex étouffe notre organisation en France, il y a 190 multiplex  qui à eux seuls représentent les 60 % des entrées. Le risque que nous courrons, c’est de revenir au cinéma tel que je l’ai connu en 1988 ou à Vénissieux, il fallait se battre pour obtenir une sortie nationale d’un film » approfondit-il.
Le cinéma Gérard Philipe est classé art & essai. Celui-ci sanctionne le fait de passer un pourcentage de 40 % de films dits d’auteurs. Ceux-ci sont soutenus. En contrepartie le Centre national du cinéma qui représente le ministère de tutelle budgète une somme d’argent qui permet de pallier le manque de programmation.
« Comme la ville s’est dotée d’un outil sympathique aux normes, il s’agit de conforter cet acquis. Par contre rien n’est stabilisé. Plus on travaille avec la population, plus on rend compte comment ce cinéma est important. Plus on passe des œuvres significatives, plus on fait venir des réalisateurs. Notre bataille désormais, ce n’est pas ce que l’on va faire à Vénissieux mais ce que sera le cinéma de demain., mais plutôt ce que sera la petite exploitation de demain. À Lyon, mis à part le Comédia, il n’y a plus de salle de notre type. Notre enjeu est de résister. Parce que le problème que l’on a, c’est que nous sommes étouffés, par le modèle économique des multiplex. Soit un cinéma des riches contre le nôtre, celui des pauvres. Le vrai cinéma tel que nous défendons, c’est un cinéma culturel » conclut-il ce 17 juin 2013.

Gérard Martin

Gérard Martin

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