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Actu-Vénissieux / Sports Vénissians

Toute l'actualité de la vie sociale, économique, politique, sportive et culturelle de Vénissieux

Le chaud derby

Même ceux qui détestent le sport, ne pourront pas passer à côté de la spécificité de Séville, ville aux deux clubs de football professionnels évoluant dans la prestigieuse “Liga”
Si les amateurs du football, connaissent le derby entre l’Inter et le Milan AC, ou entre Arsenal et Tottenham ou celui ancien entre le Racing et le PSG, ou celui plus chaud entre Saint-Étienne et l’Olympique Lyonnais, connaissent-ils le derby sévillan ?

Celui qui oppose Réal Bétis Balompié et du Séville CF : le derby andalou
Certains Sévillans disent de leur ville que c’est le meilleur endroit pour y mourir. Il est vrai que la ville située au sud de la péninsule ibérique à mille attraits.
Séville l’Andalouse, Séville l’historique, la romantique où une odeur de jasmin titille vos narines dès que la nuit d’une chaude journée vient rafraîchir la rue de l’Eau la bien nommée. Une ville que trois religions monothéistes ont façonnée.
El barrio (quartier) Santa Cruz ancien ghetto juif est là pour témoigner. La Giralda l’ancien minaret surmonté d’une girouette lui donnant son nom, atteste de l’influence maure. Les églises, la Semaine sainte affirment sa foi chrétienne. Séville et le flamenco, Séville et la culture, Séville et la fête.
Celle décriée de la tauromachie, celle enjôleuse de sa célèbre feria, celle parfois rugueuse du football.
Car Séville est aussi une cité phare pour les amoureux du ballon rond. Les deux derbys entre Real Bétis Balompié et le Séville CF sont dans les conversations des Sévillans tout au long de l’année.
Dans la cité andalouse, on dit que la rivalité entre « béticos » et « sevillistas » ( fans du Bétis et du Séville) est ancestrale. L’histoire démontre que cette rivalité est apparue  au  début de leur histoire respective.
Les polémiques sportives et extra-sportives entre les clubs alimentent les gazettes locales.

Le Réal Bétis Balompié c’est le club des ouvriers, le Séville CF est le club des « señoritos » ce que l’on pourrait traduire le club des bobos. On nait et on meurt « beticos » ou « sevillistas »
On arbore fièrement les maillots rayés vert et blanc du Bétis ou ceux blancs meringués et rouges du Séville. On se déplace au Nervión ou à la Palmera, les deux quartiers où se situent le « Ramon Sanchez Pizjuan » et « Benito Villamarin » les deux magnifiques stades sévillans.
Le Sevilla CF est le club doyen de la cité. Il fut créé en octobre 1905.
Au début du Bétis, il y a eu le Séville Balompié créé en 1907. C’est ce club qui remporta le premier championnat de la cité andalouse. En 1909, ce dernier fusionna avec le Bétis FC qui était issu d’une scission au sein du Séville CF. En 1915, on relate déjà des premières algarades entre supporteurs des deux clubs.
De cette rivalité, on peut mettre en exergue, le championnat andalou remporté par le Séville CF en 1916 battant au passage le voisin, l’ennemi intime 5 à 0 à l’issue d’un match d’appui.
On peut aussi relever le 22 à 0 du Séville CF en 1918 face à une équipe du Bétis qui n’aligna que des jeunes pour protester du fait que deux joueurs étaient convoqués au service de garde militaire le jour du match. Curieusement les deux joueurs incriminés finirent par signer au Séville CF en fin de saison.
Un exemple scandaleux de cette rivalité exacerbée se produisit au cours de la saison 1982-1983 lors d’une éliminatoire de la Coupe du Roi qui se termina en pugilat avec Santi (Séville), Canito, Diarte(Bétis) expulsés. Expulsion qui brisa la carrière au Paraguayen Diarte.
Le plus déplorable spectacle eut lieu lors du derby de la Coupe du Roi en 2007 au « Benito Villamarin ». Après quelques semaines d’échanges amènes entre les clubs de supporteurs, le match se déroula sans que les fans du Séville CF puissent assister à cette rencontre. Durant tout le match, divers objets finirent sur la pelouse du stade bétique. Il arriva ce qui devait arriver. Un objet contondant finit par atteindre l’entraîneur du Séville Juandé Ramos qui perdit connaissance. Le match fut interrompu. Juandé Ramos fut évacué du stade direction l’hôpital. L’épilogue eut lieu quelques semaines après à Getafe et à huis clos. Sevilla s’y imposa.

Séville et Bétis exaltent leurs succès et se gaussent des échecs du voisin. La discussion des socios tourne autour de la suprématie locale. Les supporteurs du Bétis précisent que leur équipe fut la première à rejoindre la première division espagnole lors de la saison 1931-1932. Séville CF a dû attendre jusqu'en 1933-1934. Le premier titre national ce sont les joueurs du Bétis qui le remportèrent en 1935. Neuf ans plus tard ce fut au tour du Séville CF. Ce dernier s’impose lors de la présence dans le championnat national sur les voisins du Bétis. (63 contre 44). Côté trophées internationaux, le Séville CF a remporté la Coupe de l’UEFA à 5 reprises depuis 2006.
 Une récente enquête du Centre andalou de prospective atteste que 37,5 % des Sévillans sont pour le Séville CF et seulement 33,5 sont pour les couleurs du Bétis (30 % sont complètement indifférents).
 Un Bétis qui a l’orée de la saison 2009 avait été relégué en seconde division et qui depuis fait à nouveau parti de l’élite espagnole.
Pour Rafael Gordillo, ex-international espagnol et depuis entraîneur, symbole du bétiscisme confirme les résultats de l’enquête : « Je pense que les prochaines années seront « sevillistes ». Je vois le club sévilliste distribuer maillots. Dans les écoles Ils font du bon boulot. C’est le Bétis par des décisions parfois incompréhensibles qui a construit dans les années précédentes ce manque de reconnaissance de la cité. »
 
Je suis né à Séville, ma famille était « sévilliste ». Les conversions n’existent que peu ou prou. Il a fallu que je vive près de 50 ans loin de ma ville natale pour que je me reconnaissance plus bético que sevilliste. La raison ? Sans doute le côté populaire de ce club, l’arrogance de certains dirigeants du Séville CF et sans doute aussi ce côté lutte : David que Goliath ou Robin des Bois face aux puissants qu’entretient le club aux couleurs de l’Andalousie vis-à-vis de son puissant voisin.

L’hymne du Bétis :
Avec l'art qu'il te reste en toi, avec les personnes qui t'aiment, dans le temps et la mémoire, bien que nous perdions, nous resterons Vert et Blanc… Beaucoup plus qu'un sentiment, qu'un logo ou un drapeau, beaucoup plus que tout cela, bien plus loin que les frontières, nous entendrons toujours quelqu'un dire : Vive le Bétis malgré les défaites. Et ainsi sonneront les cloches jusqu'au bout de « la Palmera » (La ¨Palmera" est le nom de l'avenue où est le stade du Bétis, avenue jalonnée de palmiers)
 
L’hymne du Séville CF

 Les langues anciennes racontent qu’un 14 octobre est né une illusion. Sa mère fut Séville et lui prêta son nom et pour la défendre elle lui donna des supporteurs. Exemple de mon Séville. Famille rouge et blanche du Sanchez-Pizjuan. Un cœur qui bat, criant Sevilla… C’est pour cela que je viens te voir. Je serais sévilliste jusqu’à la mort. L’orgueilleuse Giralda prétend qu'elle assiste aux matchs de Séville au Sanchez Pizjuan.

Derby sevilliste au stade Bénito Villamarin - Photos : © DR et Sports Vénissians
Derby sevilliste au stade Bénito Villamarin - Photos : © DR et Sports Vénissians

Derby sevilliste au stade Bénito Villamarin - Photos : © DR et Sports Vénissians

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