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Actu-Vénissieux / Sports Vénissians

Actu-Vénissieux / Sports Vénissians

Toute l'actualité de la vie sociale, économique, politique, sportive et culturelle de Vénissieux

La ligne droite d’Étienne Bailly

Comme disait Étienne Bailly fin décembre 2009 « En ce temps-là, l'athlétisme c'était autre chose ! »

Bien avant Claude Piquemal, Roger Bambuck ou  Christophe Lemaître, un Français s'est offert le titre européen de l'épreuve reine du 100 m.
C’était en 1950 à Bruxelles et le récipiendaire s'appelait Étienne Bailly.
Un Vénissian qui plus est !
Étienne figure ainsi dans le même palmarès qu'Armin Hary champion olympique à Rome ou Valéry Borzov en 1976 et 1980, Linfofd Christhie plus récemment. Bref du lourd !
Né en 1923 à Vénissieux et demeurant sur la commune, il était cette fin décembre 2009, le parrain de la manifestation consacrant la création officielle du nouveau club d’athlétisme AFA Feyzin-Vénissieux.
Ce sprinter, multiple champion de France, a eu 28 sélections nationales et a été capitaine de cette équipe de 1951 à 1952. Il était le grand témoin d’une époque.
Ce jour-là, il avait bien voulu engager le dialogue avec moi.

De quel quartier êtes-vous à Vénissieux ?
« Cela va surprendre les plus jeunes. Je suis du quartier du chien situé entre l’école Pasteur et la rue des Glunières. Un quartier maintenant en démolition, assez animé et habité à l'époque par quelques familles françaises, des Espagnols et des Romanichels. Quand j’étais gamin, j’habitais le bas du quartier, maintenant à la retraite j’habite le haut à 100 mètres du gymnase Ostermeyer »
En tant que Vénissian, êtes-vous content de la création de l’AFA Feyzin-Vénissieux ?
« Bien sûr ! Il y a eu un club d’athlétisme pendant la Seconde Guerre mondiale qui a été fondé par deux personnes qui adoraient la discipline. À la fin du conflit, ces personnes ont été éloignées de Vénissieux. Cela s’était arrêté là. J’ai fait partie du club qui s’appelait le Sport Olympique de Vénissieux de 1941 à 1943 »
Quel était votre club lorsque vous êtes devenu champion d’Europe du 100 m ?
« J’étais au FC Lyon. Le club avait disparu sur la commune où j’habitais. Pour des raisons de commodité, je suis allé vers l’association la plus proche. Le club lyonnais était à l’époque une référence. J’avais eu des propositions et même une licence au LOU en 1944. Comme j’étais aux chantiers jeunesse et que je suis tombé malade, je n’ai pas pu honorer cette adhésion. Je n’ai jamais couru pour le LOU. Vous savez, j’ai été athlète de 1941 jusqu’à en 1953, l’athlétisme m’a coûté de l’argent. Je n’ai rien gagné »
Vraiment ! Votre titre de champion d’Europe ne vous a rien rapporté ?
« Si mon club m’a fait un joli cadeau et la mairie via son maire de l'époque Louis Dupic a fait un effort, elle m’a offert un superbe service de table de Limoges. La couleur de l’argent, je ne l’ai jamais vu. Si, peut-être une fois en Italie ou un organisateur m’a proposé une enveloppe avec 500 lires. Il me disait c’est pour vous. J’ai refusé poliment. À l’époque pour moins que cela, on pouvait être exclu de la fédération qui était 100 % amateur. Jules Ladoumègue ou le Finlandais Pavo Nurmi n’ont pas eu la carrière qu’ils auraient dû avoir pour des faits similaires. Maintenant qu’il y a prescription, ce promoteur m’a quand même remis dans la poche l’enveloppe. C’était une autre époque »
Avez-vous des petits enfants qui perpétuent votre nom dans la discipline ?
« Il n’y aura plus de Bailly après moi »

Étienne Bailly est décédé en 2018.

Etienne Bailly en 2009 au gymnsase Micheline Ostermeyer

Etienne Bailly en 2009 au gymnsase Micheline Ostermeyer

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