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Actu-Vénissieux / Sports Vénissians

Actu-Vénissieux / Sports Vénissians

Toute l'actualité de la vie sociale, économique, politique, sportive et culturelle de Vénissieux

Il voyage en solitaire

Le 9 août 2009, j’avais rencontré le Chaponnaysard Jean-Christophe Lagrange professeur de physique au collège Paul Éluard à Vénissieux. Celui-ci s’apprêtait à participer à la 17e édition de La Charente-Maritime/Bahia Transat 6.5

Créée en 1977 par Bob Salmon, « La Charente-Maritime/Bahia Transat 6.50 » qui partait le dimanche 13 septembre 2009 à 14 h 17 aux larges des côtes de La Charente-Maritime pour rejoindre Salvador de Bahia (Brésil) via Funchal (Madère/Portugal). Quatre-vingt-quatre skippers étaient  au départ dont 7 femmes et 32 étrangers de 12 pays.
Celle-ci est  une course mythique en solitaire et sans assistance de 4 200 milles (7 800 km).
Deux catégories de bateaux sur la ligne : les prototypes et les bateaux de série traverseront l’Atlantique, un parcours tactique et technique, traversée du Golfe de Gascogne, Pot au noir, les alizés de l’hémisphère sud. Autre précision ce sont des bateaux de 6 mètres 50, ceux du Vendée globe font 18 m 28.

Seul Rhodanien engagé lors cette mini-transat, Jean-Christophe Lagrange professeur de physique au collège Paul Éluard à Vénissieux n'est plus à son coup d'essai. Initié à la voile par ses parents, et après quelques régates d'adolescent au « Grand Large », il enchaîne les résultats : champion de ligue, Tour de France à la voile, Spi Ouest-France…

Le temps de faire trois enfants et sa passion est toujours intacte.
Il prend lors de ses loisirs ou congés, la direction de la Méditerranée. Ensuite il connaît ses premières sensations en solitaire dans l'Océan Atlantique notamment lors de la Mini-transat 2 005.
« J'ai raté la première étape en raison de problèmes électriques. J'ai terminé dernier sur mon Pogo 1. Dans la seconde en 2007, j'ai été à ma place : 19e. J'ai découvert le grand large et je m'étais promis de revenir » Jean-Christophe sait ce qui l’attend dans le mois à venir. Il sait par exemple que la solitude lui sied à merveille : « C’est ce que je vais chercher. En 2005, je suis resté huit jours sans voir personne avant le Pot au Noir, et huit jours après le Pot au Noir, je naviguais sans pression. Tu te trouves seul face à toi-même. J’ai aimé »
Il a moins apprécié, en revanche, cette zone infernale appelée Pot au Noir où il a croisé un bateau suiveur : « C’est une loterie. Pour mon entrée dans cet endroit bizarre, j’étais 30 minutes derrière un copain. À Bahia, il avait trois jours d’avance. C’est comme ça. Tu n’y peux rien. Que subir ! C’est sûr, j’ai eu les boules, mais il faut en passer par là »
Ce ne sont pas ces orages violents, suivis de calmes plats, qui vont le faire renoncer. Il s’est trop investi dans ce projet pour ne pas y aller à fond, investi de son temps, de son argent surtout. Il a, aussi, travaillé la météo. Et l’alimentation ? « Non, je mange très peu en course. En Espagne, j’ai avalé deux sandwiches en 48 heures, mais rassurez-vous, j’ai des réserves ».
Il lui en faudra pour aller jusqu’à la Baie de tous les Saints. Mais, cela ne le trouble pas. Qu’espère-t-il donc de cette seconde transat ?
« Avant tout faire une belle navigation et prendre un maximum de plaisir sur l’eau. Ensuite, aller plus vite que la dernière fois. J’ai eu souvent tendance à lever le pied. Là, je me connais mieux, je connais le bateau, je vais naviguer différemment »
Pour mettre tous les atouts de son côté, il a revendu son bateau et achète en 2006 un Tip Top. Ce dernier porte le nom des surnoms de ses trois enfants : Zoukati (Zou comme Zouzou, Ka comme Kanou, Ti comme Titou). D'ailleurs une association qui porte ce nom fédère son projet.
« Je fonctionne sur des plans de trois ans. Le budget alloué à cette période est de 90 000 € » 
Pour parfaire sa condition, il effectue 20 000 km par an en voiture pour faire du bateau.
« Pour faire la transat, je me suis mis en disponibilité » confie-t-il.
Côté finance, son association traite les partenariats. Le dernier en date concerne l'équipement technique de Jean-Christophe en vêtements Tribord de la marque Décathlon.
Il est aussi sponsorisé par le Département grâce à l’action des conseillers généraux. Christian Falconnet, Marie-Christine Burricand ou la Mairie de Chaponnay.
Côte préparation bateau, il écume depuis les courses au large. Il termine 3e du Grand Prix d'Italie (2008), 4e de la Mini Empuries notamment en duo avec un Italien et de la Course des Trois Continents (2009).
Petit à petit Lagrange s'est imposé chez les « ministes », lui l'homme des terres.
Basé à Palavas en Hérault, il a un « prof » de qualité en la personne de Kito De Pavant.
Moralité, les résultats suivent.
Côté sentiments, lors de cette édition, il ne sera pas seul sur l'eau.
A Vénissieux, ses élèves le suivront au plus près. Des élèves qu'ils tentent d'amener à la voile, sur les lacs environnants : « Comme moi à leur âge. J'habite Chaponnay, je serais également suivi au niveau de l'école des Clémentières où va un de mes fils. Quatre classes de CM1 à CM2 vont pouvoir me suivre au jour le jour grâce à une balise posée sur son bateau. Cette action fait partie d'un projet pédagogique »
Un dessin fait par les enfants figurera sur la grande voile.

 

Jean Christophe Lagrange - Photo: © Jean -Christophe Lagrange

Jean Christophe Lagrange - Photo: © Jean -Christophe Lagrange

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