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Actu-Vénissieux / Sports Vénissians

Toute l'actualité de la vie sociale, économique, politique, sportive et culturelle de Vénissieux

Emmanuel Petit, le sport comme instinct de survie

Le mercredi 14 décembre 2011, Emmanuel Petit l'auteur du troisième but lors du triomphe français en finale de la Coupe du Monde 1998, était présent dans les locaux du Centre de Recherche et d’Éducation Sport et Santé à Vénissieux. Accompagné de Bernard Barbet président de la Ligue du football amateur, d’Andrée Loscos l’adjointe aux sports de Vénissieux et Patrick Prade alors  président de l’OMS, Emmanuel était venu remettre à 40 jeunes de 18 à 26 ans de la région lyonnaise leur Certificat Européen de Compétences Foot et Entreprises. Dans le lot des récipiendaires, vingt-cinq jeunes vénissians tous joueurs de l’AS Minguettes.

J'avais rencontré le champion du Monde et très  gentiment, il avait tenu à répondre à mes questions lui qui nous avait dit de but en blanc que : « J’étais tombé dans la délinquance. Le sport m’a donné les outils pour m’en sortir. »

Une interview qui n'a pas pris une ride et tellement d'actualité.

Quelle est votre contribution à ce type d'opération ?
« Enfin… Cela faisait tellement longtemps que j’attendais un signe fort. Il intervient grâce au monde de l’entreprise via le football. La mission du sport et du football c’est cela. Ce sont les premières marches dans la vie active ou tout court. Aujourd’hui on fait l’apologie de l’individualisme. Les gens qui sont porteurs de valeurs se retrouvent dans la marginalité. On fait un amalgame de beaucoup de choses. La crise a bon dos. On rajoute dessus les problèmes ethniques, raciaux, religieux. Cela ne fait qu’accroître les distinctions sociales »
D'après l'Observatoire des inégalités, plus de la moitié de la population des quartiers en difficulté ne possède aucun diplôme contre 36 % des résidents hors de ces territoires. Que pensez-vous justement du désengagement de l’État français sur ce sujet ?
« Pour moi le fonctionnement de l’État et de l’Éducation nationale sont devenus obsolètes. Il n’y a aucune remise en cause de leur part. J’ai le sentiment qu’il y a un fossé qui se creuse entre la classe politique et Monsieur tout le monde. Nos politiques ne descendent plus sur leur terrain qu’en vue des élections. Après leurs promesses, à aucun moment des actions ne sont mises en place. En tant que Français cela m’interpelle. On ne vit que sur un passé qui est révolu depuis très longtemps. La France n’est que l’ombre d’elle-même. Si on peut envoyer un signe fort au travers du monde de l’entreprise et le sport, si on peut redevenir une nation puissante dans les valeurs morales et sociales, il y aura de l'espoir. Le renouveau passe par ce genre d’entreprises »
Ce genre de manifestation n’est-elle pas justement un paravent à l’absence de politique nationale sur le sujet ?
« Vous savez aussi bien que moi que l’État ne résout pas tous les problèmes. Mais il est vrai que dans certains domaines où l’État est le tuteur, il se désengage progressivement. Il ne répond pas à ses responsabilités. On est des laissés pour compte »
En tant que personnage public, est-ce que vous arrivez à vous faire entendre ?
« Depuis très longtemps, on m’a obligé à vivre dans la marginalité. Ma façon de penser ne correspond pas aux critères d’une certaine société. Aujourd’hui je me félicite qu’il y ait une prise de conscience générale. J’espère qu’une fois pour toutes, les gens qui sont décisionnaires prennent enfin les bonnes décisions »

 

Emmanuel Petit lors de l'interview en 2011 - Photo : © Raphaël Bert

Emmanuel Petit lors de l'interview en 2011 - Photo : © Raphaël Bert

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