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Actu-Vénissieux / Sports Vénissians

Actu-Vénissieux / Sports Vénissians

Toute l'actualité de la vie sociale, économique, politique, sportive et culturelle de Vénissieux

La famille Amadéo del Postal

Vivre et mourir pour ses idées, telle a été la devise de Louis, Emmanuel, Joseph Amadéo del Postal, jeunes, sportifs et Vénissians disparus dans la tourmente de 1936 à 1944. 
En cette année 2019, soixante-quinze ans après les faits, il est bon pour tout citoyen d’entretenir le devoir de mémoire. Mais aussi de défendre une démocratie mise à mal de nos jours par certains démagogues et défenseurs des nantis qui voient bien la misère chez les autres mais pas celle qui ont chez eux.

Louis aurait 97 ans. C’est dans le Vercors à Saint-Nazaire en Royan qu’au beau matin du 27 août 1944, le sergent des « Francs-tireurs et partisans français » Louis Amadéo del Postal est mort pour la France lors d’un engagement contre les Allemands et la Milice.
Louis Amadéo est né le 1er mars 1922 à Vénissieux. Il occupait avec ses treize frères et sœurs, la demeure familiale située au numéro 9 de chemin de Bron. Celui-ci est devenu depuis rue des Frères Amadéo (A noter que Charles, l’un des neveux y demeure toujours).
Une rue qui dessert Renault Trucks et qui se situe entre le boulevard Jules Guesde et l’avenue du Général De Gaulle. Ses parents tenaient un restaurant ouvrier. Toute la famille vivait au-dessus du restaurant. Derrière la maison, il y avait un jardin immense de 4 000 m2 que ses parents bêchaient à la triandine. Ils arrosaient avec des gros arrosoirs en zinc. Ils y cultivaient des pommes de terre, des haricots… Aux alentours il n’y avait rien que des champs jusqu’au parc de Parilly. Auparavant, Vénissieux était agricole. Dans la cour, il y avait des chèvres, des cochons.

Louis comme ses frères étaient élèves de l’École de Parilly. Il était d’un caractère exubérant. Blond avec les yeux noirs, il était très remarqué par la gent féminine.
À peine revenu des camps de jeunesse, il s’engagea dans les Francs-Tireurs et Partisans français. Repéré, menacé de déportation, il gagna les montagnes de l’Ardèche, puis celles du Vercors. Il devait tomber, avec les galons de sergent le 27 août à Saint-Nazaire en Royan au cours d’un engagement contre les Allemands et la Milice. 
La famille Amadéo del Postal est originaire de Catalogne, d’un petit village situé entre Tarragone et Valence. Après un passage en Suisse, ils vinrent s’établir en France, d'abord à Saint Bel puis à Vénissieux. Une famille de sportifs, football, rugby était les passions des frères. Les Amadéo del Postal se firent naturaliser français. Son frère Emmanuel, ouvrier, militant syndicaliste fut élu en 1935, conseiller municipal sur la liste de Ennemond Romand. Quand éclate en Espagne le tonnerre du coup d’État du dictateur Franco, il part avec les premiers volontaires. Capitaine, il combat à Jarama, à Guadalajara. Sa conduite y fut telle que les habitants de cette ville donnèrent son nom à une place. De retour à Vénissieux pour sa seconde permission, il savait la cause de la République espagnole perdue. En face de l’avalanche de troupes allemandes et italiennes puissamment armées, les unités républicaines et internationales étaient abandonnées au nom de la « non-intervention » des démocraties. Il déclara avant de retourner vers son destin « J'aurais honte de me promener à Vénissieux sans avoir lutté jusqu’au bout » Promu commandant, il participa aux combats de Brunete. Il devait disparaître sur le front après la retraite de Teruel en mars 1938. Joseph né en 1914, fréquente l’école de la cité Berliet. Ouvrier et militant syndicaliste chez Berliet, il a laissé le souvenir d’un jeune homme solide doux et calme. Il accomplit son service militaire puis à peine libéré, il partit en Espagne dans les Brigades Internationales. Il fut tué à la « Casa del Campo » dans la défense de Madrid en 1936.

Une plaque commémorative est scellée sur la façade de la maison familiale au 9 de la rue des Frères Amadéo. Une course cycliste qui se déroule à Vénissieux porte aussi leurs noms.
Il est à noter que le 1er mai 1943, le régime de Vichy ôta la nationalité française à toute la famille. Une injustice réparée par l’État français à la libération.

La famille Amadéo del Postal

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